On découvre un prélèvement libellé « CASH REMISEREDUCH » sur son relevé bancaire, sans se souvenir d’avoir souscrit quoi que ce soit. Le réflexe immédiat, c’est de vouloir porter plainte. Mais avant de se rendre au commissariat, il faut comprendre ce que recouvre ce prélèvement et choisir le recours adapté à la situation, car une plainte pénale n’est pas toujours la première étape.
Libellé CASH REMISEREDUCH sur votre relevé : identifier le prélèvement avant d’agir
Le piège principal avec ce type de débit, c’est la confusion créée par les libellés bancaires. On retrouve plusieurs variantes sur les relevés : CASH REMISEREDUC, WLY*REMISEREDUC.FR ou CASH.REMISEREDUCH. Ces intitulés renvoient tous au même service, un programme de cashback nommé Remises & Réductions, opéré depuis Nanterre.
L’abonnement est déclenché après un achat en ligne sur un site partenaire (type Fnac, Darty, SNCF). Une offre de remise apparaît juste après le paiement, et en l’acceptant, on s’engage dans un abonnement mensuel facturé entre 18 et 21 euros. La plupart des personnes concernées n’ont pas conscience d’avoir validé un contrat récurrent.
Avant toute démarche, on vérifie son relevé pour repérer la date du premier prélèvement et le montant exact. Ce sont ces éléments qui déterminent la procédure de contestation applicable.

Contester un prélèvement REMISEREDUC auprès de sa banque : délais et distinction légale
La vraie question n’est pas « faut-il porter plainte ? » mais plutôt « ce prélèvement est-il autorisé ou non ? ». La réponse change tout sur le plan des délais et de la procédure bancaire.
Prélèvement non autorisé : remboursement rapide par la banque
Si on n’a jamais donné son accord pour ce débit (ni cliqué sur une offre, ni renseigné ses coordonnées bancaires volontairement), on est face à une opération non autorisée. Dans ce cas, la banque doit rembourser au plus tard le premier jour ouvrable suivant la contestation. C’est le régime le plus protecteur pour le consommateur.
On contacte sa banque par écrit (courrier recommandé ou message via l’espace client) en précisant le libellé exact du prélèvement, la date et le montant. Il faut mentionner explicitement qu’on n’a jamais autorisé cette opération.
Prélèvement autorisé mais contesté : un autre délai s’applique
Si on a effectivement cliqué sur l’offre de remise après un achat en ligne (même sans en comprendre les conséquences), le prélèvement peut être considéré comme autorisé. Le régime de contestation est alors différent, avec un délai plus long pour obtenir un remboursement. Les retours varient selon les banques sur la facilité à récupérer les sommes dans ce cas.
Dans les deux situations, la démarche auprès de la banque passe avant la plainte. On peut récupérer les sommes prélevées par carte bancaire jusqu’à 120 jours après le débit, via une procédure de chargeback (rétrofacturation) si la banque la propose.
Porter plainte pour prélèvement abusif REMISEREDUCH : quand c’est pertinent
Porter plainte au pénal se justifie dans un cas précis : quand on estime être victime d’une fraude à la carte bancaire, c’est-à-dire que ses coordonnées ont été utilisées sans aucune intervention de sa part. On se rend alors sur la plateforme Perceval du ministère de l’Intérieur, dédiée aux fraudes par carte, ou on dépose plainte en commissariat.
La plainte n’accélère pas le remboursement bancaire. Elle ouvre une procédure pénale distincte. Pour récupérer son argent, c’est la contestation auprès de la banque qui prime.
Si le prélèvement découle d’un abonnement souscrit involontairement (offre trompeuse après un achat), la plainte pénale a moins de chances d’aboutir. On se tourne plutôt vers les recours civils et administratifs.
Résilier l’abonnement Remises et Réductions et stopper les prélèvements
Contester ne suffit pas si l’abonnement reste actif. Tant qu’on n’a pas résilié, de nouveaux débits peuvent apparaître chaque mois. Voici les étapes concrètes :
- Résilier directement auprès du service : contacter Remises & Réductions par téléphone ou via le site remisesetreductions.fr pour demander l’annulation de l’abonnement. Conserver une preuve écrite (email de confirmation, capture d’écran).
- Demander à sa banque de bloquer le créancier en mettant en opposition les prélèvements liés à ce libellé. Attention, un simple blocage ne vaut pas résiliation du contrat côté prestataire.
- Si le droit de rétractation de 14 jours n’est pas expiré, l’exercer par écrit en envoyant un courrier recommandé. Ce délai court à partir de la date de souscription de l’abonnement.
Après résiliation, on vérifie ses relevés pendant deux à trois mois pour s’assurer qu’aucun nouveau prélèvement n’apparaît.

Signalement et recours complémentaires en cas de prélèvement frauduleux
En parallèle de la contestation bancaire, on peut signaler la pratique sur la plateforme Signal Conso de la DGCCRF. Ce signalement ne donne pas lieu à un remboursement direct, mais il alimente les enquêtes sur les pratiques commerciales trompeuses.
- Signal Conso (signal.conso.gouv.fr) : signalement en ligne des pratiques abusives liées à un abonnement caché.
- Services Publics + (plus.transformation.gouv.fr) : partage d’expérience, utile pour documenter le problème auprès des autorités.
- Saisine du médiateur bancaire si la banque refuse le remboursement, en dernier recours avant une procédure judiciaire.
On garde systématiquement une copie de chaque échange : courrier à la banque, email de résiliation, capture d’écran du relevé avec le libellé CASH REMISEREDUCH. Ces preuves conditionnent la réussite de toute contestation, qu’elle soit bancaire ou judiciaire.
Le réflexe « porter plainte » est compréhensible face à un prélèvement qu’on ne reconnaît pas. Dans la pratique, la contestation bancaire et la résiliation de l’abonnement règlent la majorité des situations plus rapidement qu’une procédure pénale. La plainte reste un outil utile quand il y a véritablement fraude sur la carte, mais elle ne remplace pas les démarches directes auprès de sa banque et du prestataire.

