Le salaire PDG CAC 40 désigne l’ensemble des sommes versées ou attribuées à un dirigeant au titre de son mandat : salaire fixe, bonus annuel, actions de performance et avantages en nature. Pour l’exercice 2024, la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 s’établit à 6,5 millions d’euros, avec une médiane de 5,6 millions d’euros – un écart qui révèle que quelques rémunérations très élevées tirent la moyenne vers le haut.
Comment se compose la rémunération d’un PDG du CAC 40
La rémunération d’un dirigeant cotée en bourse ne se résume pas à un salaire mensuel. Elle comporte plusieurs composantes distinctes, dont le poids relatif varie selon les entreprises et les années.
- Le salaire fixe : c’est la part garantie, indépendante des résultats. Elle représente souvent la composante la plus modeste du total pour les dirigeants les mieux rémunérés.
- Le bonus annuel variable : conditionné à des objectifs financiers et extra-financiers définis à l’avance. Son montant peut atteindre plusieurs fois le salaire fixe si les cibles sont dépassées.
- Les actions de performance : des actions attribuées gratuitement, qui ne sont définitivement acquises qu’après une période de vesting (généralement deux à quatre ans) et sous condition de présence et de résultats. Cette composante peut faire varier le total d’une année sur l’autre de façon spectaculaire.
- Les avantages en nature et jetons de présence : voiture de fonction, logement, assurances spécifiques, et rémunérations versées pour la participation à des conseils d’administration.
La distinction entre sommes attribuées et sommes effectivement versées est déterminante. Un dirigeant peut se voir attribuer des actions pour plusieurs millions d’euros une année sans percevoir leur valeur avant deux ou trois ans. Les classements qui comparent les rémunérations d’une année sur l’autre doivent préciser sur quelle base ils travaillent.
Top des PDG du CAC 40 les mieux payés : qui sont-ils ?
Selon le classement établi par Proxinvest sur la base des rapports annuels 2025 (données exercice 2024), Francesco Milleri, PDG d’EssilorLuxottica, arrive en tête avec 23,1 millions d’euros. Ce montant a doublé par rapport à 2023, ce qui illustre précisément l’effet des actions de performance : une attribution importante peut faire bondir le total d’un exercice à l’autre sans modification du salaire de base.
En cinquième position de ce même classement, Gilles Gobin, gérant de Rubis, a perçu 10 millions d’euros, soit l’équivalent de 600 années de SMIC selon les données publiées par l’Observatoire des inégalités.

Bernard Arnault, PDG de LVMH et première fortune mondiale, perçoit environ 9 millions d’euros au titre de sa rémunération de dirigeant. Ce montant, inférieur à celui de Francesco Milleri, s’explique par le fait qu’Arnault tire l’essentiel de sa richesse de sa participation au capital de LVMH, et non de sa rémunération exécutive.
Pour illustrer l’amplitude des écarts : un patron du CAC 40 gagne en moyenne 95 fois le salaire moyen de son entreprise, niveau le plus élevé enregistré depuis dix ans hors 2021. Certains ratios atteignent des niveaux bien supérieurs : 770 fois pour Francesco Milleri, 523 fois pour Cyrille Bolloré, 353 fois pour Patrick Pouyanné.
Le mécanisme du « say on pay » : qui approuve ces rémunérations ?
En France, la rémunération des dirigeants de sociétés cotées est encadrée par un dispositif légal appelé say on pay. Ce mécanisme impose un double vote des actionnaires en assemblée générale.
Le premier vote porte sur la politique de rémunération, c’est-à-dire les critères et les plafonds applicables pour l’exercice à venir. Le second vote, a posteriori, porte sur les montants effectivement attribués ou versés au titre de l’exercice écoulé. Le variable et les éléments exceptionnels ne peuvent être versés qu’après cette approbation.
Ce cadre formel n’aboutit pas nécessairement au rejet des rémunérations élevées. Les assemblées générales approuvent largement ces politiques dans la majorité des cas, ce qui distingue la controverse médiatique entourant ces montants du niveau réel d’opposition exprimé par les actionnaires.
Écarts de rémunération entre PDG et salariés : ce que révèlent les ratios
Le ratio entre la rémunération d’un dirigeant et le salaire moyen de ses employés est devenu un indicateur de gouvernance que les entreprises cotées sont tenues de publier. Les chiffres disponibles montrent des situations très contrastées selon les secteurs et les groupes.
Dans les entreprises avec une main-d’oeuvre importante à l’international, le salaire moyen de l’ensemble des salariés est mécaniquement bas, ce qui amplifie le ratio. C’est pourquoi des groupes comme Téléperformance ou Carrefour, qui emploient massivement dans des pays à bas salaires, affichent des ratios parmi les plus élevés. En 2023, selon les données Oxfam, le PDG de Téléperformance gagnait 695 fois plus que le salarié moyen de l’entreprise, celui de Carrefour 408 fois plus.
Le ratio seul ne suffit pas à mesurer l’équité interne : une entreprise concentrée en France avec des salariés bien payés peut afficher un ratio faible tout en versant à son dirigeant un montant absolu élevé.
Pourquoi les classements varient selon les sources
Les palmarès de rémunération publiés chaque année par différents organismes (Proxinvest, cabinets de conseil, médias économiques) ne produisent pas toujours les mêmes résultats pour un même exercice. Plusieurs raisons expliquent ces divergences.
La principale tient à la définition retenue pour la « rémunération totale ». Selon que l’on inclut ou non la valorisation des actions attribuées sur l’exercice, les retraites chapeaux, les indemnités de départ potentielles ou les revenus tirés du patrimoine personnel du dirigeant, les totaux peuvent varier significativement.
Les données présentées dans les classements ne prennent généralement pas en compte les revenus patrimoniaux, comme les dividendes tirés des actions détenues en propre. Bernard Arnault, par exemple, perçoit des dividendes sur sa participation dans LVMH bien supérieurs à sa rémunération de dirigeant – mais ces revenus n’entrent pas dans les classements des salaires PDG CAC 40.
La médiane (5,6 millions d’euros pour 2024) est un indicateur plus représentatif du dirigeant « type » que la moyenne (6,5 millions d’euros), précisément parce qu’elle n’est pas distordue par les quelques rémunérations très élevées qui tirent la moyenne vers le haut. Lire un classement de rémunérations de dirigeants nécessite donc de vérifier quelle composante est comptabilisée, sur quelle date d’attribution ou de versement, et quelle mesure statistique est utilisée pour résumer l’ensemble.

