Personne ne vous prévient que choisir un ETF, ce n’est pas simplement cocher une case parmi mille. Derrière chaque code ISIN, une stratégie se dessine, des compromis s’imposent, des risques attendent. Le vrai défi, c’est de trouver le véhicule qui épouse votre façon d’investir, pas celle du voisin.
Définissez votre stratégie de placement
Avant d’aligner le moindre euro, il s’agit d’avoir une stratégie claire. Cela commence par une répartition réfléchie de vos actifs : actions, obligations, matières premières… Chaque catégorie joue un rôle distinct dans la construction de votre portefeuille. Les études le répètent : c’est la clarté des choix qui fait la différence sur le long terme.
Construire ce plan demande de prendre en compte deux éléments clés : la capacité de risque et l’appétit pour le risque. Si ces notions semblent abstraites, elles se traduisent pourtant concrètement dans la vie de chaque investisseur.
- La capacité de risque dépend de vos projets et de votre horizon. Si une grande partie de votre patrimoine doit financer un achat immobilier prochain, votre marge de manœuvre se réduit : il faut alors limiter la prise de risque.
- L’appétit pour le risque, lui, relève du ressenti. Pouvez-vous tenir bon quand les marchés vacillent ? Certains encaissent les chutes sans broncher, d’autres dorment mal au moindre soubresaut. On peut avoir les moyens de prendre des risques, mais pas l’envie, ou l’inverse.
Ce cadre posé, la palette offerte par les ETF est aujourd’hui impressionnante. Plus de 1500 produits s’échangent à la Bourse suisse : actions internationales, secteurs, obligations, matières premières, devises… Tout y passe, et la diversification devient accessible sans complication ni budget colossal.
Choisissez votre index
Investir dans un fonds indiciel, c’est accepter de vivre au rythme de son indice sous-jacent. Impossible d’éviter les hauts et les bas. D’où l’intérêt de bien choisir comment investir dans des ETF : le choix de l’indice conditionne toute la suite.
Pour évaluer un ETF, le réflexe à adopter : examiner la trajectoire de l’indice sur plusieurs années. Observer ses variations, comprendre ses cycles. Un coup d’œil sur la composition de l’indice s’impose : beaucoup sont pondérés selon la capitalisation boursière, ce qui concentre parfois les risques sur quelques géants. Prenons le SMI ou le SPI : plus de la moitié du fonds se retrouve investie sur Nestlé, Novartis et Roche. Difficile alors de parler de vraie diversification.
Vérifier la qualité de la réplication
Certains imaginent que l’ETF va coller à la perfection à son indice. La réalité est différente : il existe souvent des écarts notables, parfois plusieurs points de pourcentage par an, même entre deux ETF fondés sur le même indice.
Pour juger la fidélité de l’ETF, rien de tel qu’une comparaison directe de ses performances avec celles de l’indice. Si le décalage devient trop marqué, la prudence s’impose. Un autre point à surveiller : la gestion des dividendes. Certains fonds réinvestissent automatiquement les revenus, d’autres les distribuent. Ce détail influe sur la performance globale et doit être vérifié avant de se lancer.
Choisissez le type de réplication
Répliquer un indice, cela peut se faire de deux façons. La méthode physique consiste à détenir réellement les titres de l’indice, selon leur pondération. C’est la formule la plus directe et la plus lisible.
La réplication synthétique, elle, passe par des produits dérivés. Moins transparente, parfois plus complexe, mais aussi plus efficace sur certains marchés où l’accès direct aux titres est limité ou coûteux. Le choix entre ces deux approches dépend du contexte : certains marchés ne se laissent pas capturer autrement que de façon synthétique, tandis que d’autres méritent la simplicité d’une réplication physique.
La réputation de la réplication physique est flatteuse sur le plan du risque, mais il arrive que la version synthétique s’impose comme la meilleure option. Il n’existe pas de règle universelle : chaque situation mérite un regard attentif.
Comparez les coûts annuels
Le coût annuel d’un ETF se mesure avec le Total Expense Ratio (TER). Ce chiffre regroupe les frais de gestion, la promotion, la distribution… Il figure dans le rapport mensuel du fonds, et donne une idée du niveau de prélèvements annuels.
Mais attention : le TER ne couvre pas tout. Les frais de transaction internes à l’ETF, par exemple, échappent à cet indicateur. Et des frais bas ne garantissent pas des rendements supérieurs. Au final, ce qui compte, c’est l’écart réel entre la performance de l’ETF et celle de son indice. Cette différence, elle, intègre tous les frais supportés par l’investisseur.
Les particuliers n’ont pas toujours la visibilité complète sur tous les coûts indirects. Pourtant, il n’est pas indispensable de tout décortiquer : ce qui pèse, c’est le rendement net comparé à l’indice de référence.
Optimiser les taux de trading
À chaque transaction sur un ETF, des frais s’ajoutent : commissions bancaires, droits de timbre, taxes boursières. À cela s’ajoute la différence entre le prix d’achat et le prix de vente (le « spread »), qui peut facilement grignoter la rentabilité si on n’y prend garde.
Plus le spread est faible, mieux c’est, surtout pour les opérations à court terme. Pour limiter cet impact, il est conseillé d’opérer au cœur de la séance, quand la liquidité est maximale. Sur SIX Swiss Exchange, la plage idéale se situe entre 9 h 15 et 17 h 15, du lundi au vendredi. Les extrêmes de la journée, eux, sont synonymes de spreads plus larges.
Un détail à ne pas négliger : il faut vérifier que les titres de l’ETF sont bien négociés au moment de la transaction. Par exemple, pour un ETF qui suit le marché américain, mieux vaut acheter durant les heures d’ouverture de Wall Street, même si l’ordre passe à Zurich. Sinon, les spreads risquent d’exploser.
Choisir un ETF, ce n’est pas seulement un arbitrage de chiffres ou de performances. C’est l’art de faire coïncider ses choix financiers avec ses ambitions, ses limites et ses intuitions. Au bout du compte, chaque décision trace une trajectoire singulière. Reste à voir, au fil du temps, si elle vous mène là où vous l’espériez vraiment.

